jeudi 15 juin 2017

Conférence naturienne: Polyamour et famille matristique...



Mercredi 14 Juin 2017, à l'occasion d'une rencontre café-poly à Montpellier, on m'a permis de faire une petite conférence sur le système matrilinéaire. Le temps imparti à la présentation étant assez court (30 minutes prévues), j'ai dû condenser au maximum et faire l'impasse sur plein de développements. La séance de question-réponse qui suivait a permis de remédier à une petite partie de ces impasses... ^^

mardi 16 mai 2017

L'Eros gymnosophique...

"Galatée, Acis et Polyphème" - Anatoly Petrov - 1996



Ce film d'animation russe relate le mythe de la néréide Galatée, amoureuse du berger Acis, demandant à Aphrodite (Vénus) de lui venir en aide afin de rendre cet amour réciproque. La Déesse de l'Amour charge donc son fils Eros (Cupidon) de susciter le sentiment dans le coeur d'Acis, puis le turbulent petit dieu s'en va retrouver ses amis nymphes et satyres dans les bois. L'un de ces derniers lui propose pour s'amuser de rendre le cyclope Polyphème  amoureux de Galatée, mais le géant monoculaire, après avoir tenté de la séduire maladroitement, entre dans une fureur en surprenant les deux amants, et écrase Acis sous un rocher d'où coulera ensuite une source...


En plus du gros coup de cœur, je n'ai pu m'empêcher, en tombant sur ce dessin-animé, de penser à Marcel Kienné de Mongeot, le fondateur du mouvement nudiste français, et sa pensée gymnosophique:

Premièrement, parce que la culture pan-héllénique, dont est issu le mythe repris par le dessin-animé, est le référentiel majeur d'où seront puisés tous les principes naturo-hygiénistes du nudisme.
On pourrait résumer le coeur de ces principes gymnosophiques par cette citation "Mens sana in corpore sano" du poète Juvénal traduisant précisément en latin l'idéal grec antique, demandant aux dieux la faveur d'un esprit sain dans un corps sain.
Ce qu'il faut comprendre dans cette invocation, en termes hygiénistes, c'est qu'un esprit ne peut être sain si son siège corporel ne l'est pas, et s'il ne recherche pas avant toute chose cette impérative santé corporelle sans laquelle tout s'effondre.

Si le naturisme hyppocratique se concentre principalement sur la qualité de l'alimentation pour favoriser la santé, la gymnosophie insistera principalement sur l'activité physique sculptant naturellement le corps et le rendant beau (la beauté étant comprise comme le résultat manifeste de la bonne santé), la nudité étant l'état optimum permettant cette activité et étant la plus à même d'émaner la beauté naturelle.
Ce qui est frappant dans cette beauté des corps représentée, c'est qu'elle n'est pas uniquement le fait de la "plastique" athlétique des individus ayant pu se développer naturellement, mais qu'elle émane aussi d'un profond bien-être des esprits-corps sains parce que libres: libres de leur mouvements de par un mode de vie simple au contact des éléments vivifiants, nourrissants, purifiants de la nature, et libres des contraintes sur-civilisationnelles et pudibondes qui pèsent sur nos vies et les étouffent aujourd'hui.

En mettant en avant de manière aussi éclatante le bien-être, la douceur de vivre, et in fine la sensualité du quotidien restitués par la liberté-santé-beauté des corps-esprits, le film d'animation amène à un élément cher aux yeux de Kienné de Mongeot mais que ses émules auront du mal à accepter et finiront par occulter: le notion d'Eros, qui plus est incarnée par le petit dieu indomptable.
L'Eros ne représente pas uniquement l'impulsion aphrodisiaque qui nous invite à l'amour reproducteur, ce coeur de la Vie déjà très mal accueilli par nos cultures maladivement et artificiellement pudibondes, mais concerne également l'ensemble des élans vitaux qui animent le mieux chacun de nous.
Ce dessin animé a le mérite d'enfin nous montrer une nudité saine, naturelle* et vivante, tandis que le nudisme aujourd'hui se partge entre les deux extrêmes opposés que sont une certaine forme (majoritaire) d' "asexualité" et une forme (minoritaire) d' "hypersexualité", toutes deux issues d'un amalgame automatique entre sensualité et sexualité, et je dirais même entre sexualité et débauche:
Il est frappant de constater qu'en plus de la nudité intégrale et de la volupté des postures, deux scènes de sexes sont représentées, pleines de modestie, de discrétion mais aussi d'une tendresse particulière, et surtout déchargées toutes les pressions exhibitionnistes et voyeuristes que nous connaissons aujourd'hui, et cette absence de parasitages est justement dûe à la liberté d'être et de faire selon les besoins de la nature que représente l'idéal grec repris par les gymnosophes modernes...

Puissent les déesses et dieux anciens influencer dans ce sens l'évolution du mouvement nudiste dont le rôle est bien de nettoyer  les complexes pathogènes des pudibonderies patriarcales** qui pourrissent nos sociétés...


* exception faite de l'absence de pilosité corporelle qui me chiffonne un brin, mais il me faut bien admettre que contrairement à la majorité des autres représentations historiques qui "falsifient" la réalité en travestissant les corps d'autrefois selon les contraintes moralistes actuelles, ce film d'animation a le mérite de respecter les modes de la culture à laquelle il se réfère...
** La liberté amoureuse diversement exprimée dans ce mythe (dont il existe plusieurs versions, dont l'une moins "dramatique" permet à Polyphème de se consoler auprès d'autres néréïdes) manifeste la nostalgie des modes de vie pré-patriarcaux où la noblesse des sentiments, même passagers, était reconnue et appréciée...



lundi 10 avril 2017

Le Nudisme (le bouquin entier à télécharger gratos!)

Tadaaaam!
Enfin le v'là, à télécharger, lire et diffuser librement (hors utilisation commerciale):

https://drive.google.com/open?id=0B8FakWZ5nKUASkdJTnZBWlFuRVE
(Cliquez sur la couverture pour y accéder et le télécharger)


Comme il y a beaucoup de demandes concernant une édition papier, le sujet est à l'étude (l'idée est d'arriver à publier sans frais un petit livre au format poche pas cher, plusieurs pistes sont possibles), mais ma priorité et mon désir premier c'est que le contenu soit gratuitement accessible pour tous ceux que ça intéresse, donc on verra plus tard! :)

Fichier ePub pour les liseuses

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Mini interview de la part d'IMAGINAT qui peut servir d'aperçu du bouquin :

IMAGINAT : Pourquoi écrire un livre sur le nudisme ? N’est-ce pas une pratique qui se suffit à elle-même ?

Julien WOLGA : Écrire un livre m'est apparu nécessaire car le nudisme n'est justement pas une pratique, mais avant tout une réflexion oubliée qui prend conscience du rôle important que joue la nudité dans nos santés physiques, psychologiques et sociales​, et de ce fait des conséquences désastreuses qu'engendre son interdiction totale. Son but n'est pas la mise en pratique d'une nudité maximale, mais plus globalement la restitution de nos dignités et intégrités naturelles, car à travers la répression de la nudité, ce sont bien ces dernières qui sont atteintes.


IMAGINAT : Pourquoi utiliser le mot “nudisme” qui parait plus péjoratif que “naturisme ?

Julien WOLGA : Justement parce que cette péjoration résulte de la pudibonderie pathogène que le nudisme a précisément pour vocation de dénoncer, traiter et non-pas relayer. D'autres parts, réhabiliter le terme "nudisme", c'est aussi redonner son souffle et son amplitude initiale à celui de "Naturisme" qui a servi à le remplacer mais s'en est de ce fait retrouvé amoindri à son tour.
C'est ainsi l'occasion de rappeler que les deux termes ne sont ni synonymes ni antonymes, mais que le nudisme procède du naturisme dont le but global est le soin de la nature humaine: le nudisme est une des manières d'en prendre soin.


IMAGINAT : Est-ce que vous avez l’impression que la perception de la nudité évolue positivement dans notre société ?

Julien WOLGA : L'acceptation de la nudité est très fluctuante​, et dépend de la dignité et de l'intégrité que nous accordons à nos corps. Aujourd'hui, nous assistons à un retour de la pudibonderie et des complexes. Ce retour n'est pas uniquement le fait des institutions religieuses, mais plus encore celui d'un commerce de l'esthétique qui n'a aucun intérêt financier à ce que nous nous sentions "bien dans nos peaux". La réflexion nudiste est donc aujourd'hui à nouveau nécessaire pour désamorcer ce processus inhumain et déshumanisant.

jeudi 23 février 2017

Retour de mon passage dans l'émission "Dites-le à Baba" sur C8



Mardi 22 février à 19 heures était diffusée mon passage chez Cyril Hanouna chez lequel je suis venu essayer de présenter et défendre par la parole et la tenue la reflexion nudiste.


-Avant l'émission:
Il me faut reconnaître que je n'étais pas très rassuré à l'idée de me retrouver seul nu devant Hanouna, mais ma petite "boussole interne" m'a fait comprendre qu'il n'y avait pas à s'inquiéter et qu'il fallait accepter d'y aller.
Arrivé au studio d'enregistrement le matin du jeudi 16 février, l'équipe préparant l'émission m'a demandé de ne révéler à personne, notamment les autres invités, la raison de ma venue, afin d'éviter que la rumeur ne se répande afin de bien laisser aux chroniqueurs la surprise de la découverte et ne pas fausser le jeu des devinettes.

-Pendant l'émission:

J'ai été agréablement surpris par l'accueil réservé à ma singularité: je n'ai pas senti de gène parmi le public, de la surprise et de l'étonnement tout au plus, mais pas de malaise, et une grande bienveillance dans le regard de tous animateurs que j'ai pu regarder droit dans les yeux (chose qui ne se perçoit pas de manière aussi évidente à l'écran).
Pour l'anecdote, le voyant Claude Alexis ne s'était pas trompé en sentant un problème au niveau de mes jambes: le passe-tête étant un peu trop haut et le trac aidant, j'avais effectivement les jambes qui tremblaient...
Suite à mon intervention, l'équipe m'a proposé de remettre le peignoir qu'ils m'avaient prêté, mais j'ai préféré rester nu tout le reste du tournage de l'émission, et cette nudité a finalement été intégrée comme quasiment "normale"... (Même Danièle Evenou qui débarque pour le sujet suivant semble n'avoir rien remarqué)
En sortant du plateau, Bernard Montiel et Philippe Brenot m'ont renouvelé les propos bienveillants qu'ils m'avaient tenus sur le plateau (tous ne sont pas restés au montage, comme certaines de mes explications d'ailleurs, mais rien de grave).
En parlant de montage, si j'ai ouvert l'émission, au tournage mon passage ne démarrait que la deuxième partie. Le tournage de la première (devenue deuxième) ayant pris plus de temps que prévu, le tournage de la nôtre a été raccourcie d'une dizaine de minute.



-Après l'émission:
En sortant du studio nous avons bien sympathisé avec Diane et Cédric (les culturistes) avec qui je n'avais pas pu discuter avant le tournage, qui m'ont avoué qu'ils n'étaient pas choqués ou gênés par ma nudité comme l'émission pourrait le laisser penser, seulement surpris, pour me rendre compte qu'on avait plus de points communs qu'il n'y paraît.
J'ai pu voir ces derniers jours que quelques sites internet ont repris l'événement, content de constaté qu'ils ont pour la plupart cité ma référence à la santé, et même parfois à la question des complexes, sujets que j'aurai bien évidemment voulu développer plus.
Certains ont affirmé que Valérie Benaïm a été "choquée", mais ce n'est vraiment pas ce que j'ai ressenti personnellement. Elle a été surprise c'est certain, mais ses questions et son regard ne montraient aucun signe de méfiance, je l'ai trouvée elle aussi particulièrement bienveillante.

-Bilan:
Je ne sais pas encore quel sera l'impact à plus long terme de l'émission, mais une chose positive me semble importante: si un effet de surprise a bien eu lieu, la démarche nudiste n'est pour autant plus tellement passée pour "bizarre", mais a même été qualifiée de saine par le médecin et sexologue Philippe Brenot, ce qui lui donne un certain crédit.
J'aurai peut-être aimé passer après les deux autres sujets que sont le culturisme (qui a pour origine le mouvement naturiste) et surtout la chirurgie esthétique ce qui m'aurait permis d'insister de manière plus importante sur la violence sociale qui brise les amours-propres et nous empêche de nous accepter comme on est... mais c'est finalement pas plus mal que ça se soit passé ainsi...

... j'avoue ^^

Note: un petit passage a été coupé au montage, sans doute en raison de son côté plus critique, faisant suite à la question de l'excitation sexuelle que pouvait suggérer la nudité. J'y ajoutais que c'est le fait de frustrer systématiquement la curiosité naturelle (tout notre corps étant notre visage) qui crée l'obsession et génère par amalgame l'excitation.

dimanche 5 février 2017

Mon passage dans "La Guerre des Naturistes" (90' enquête - TMC - Septembre 2016)

(article un chouia en retard)

Début septembre 2016 (la veille de l'installation du "stand des nudists" de la fête de l'Huma) était diffusé l'émission "90' Enquête" intitulée "la guerre des naturistes" sur la chaîne TMC.


Contenu de l'émission:
Le propos était de couvrir les différentes tendances du mouvement naturiste actuel. Manquait malheureusement à l'appel la mouvance du naturisme en Liberté, bien que le journaliste qui a mené "l'enquête" ait suivi une rando-nue de Bruno Saurez dans les calanques. J'ai eu l'honneur de ponctuer le reportage par deux petites séquences bienveillantes qui tentent de donner un aperçu succinct de ma démarche et ma réflexion naturiennes, l'une en ouverture et l'autre en fermeture.

Coulisses du tournage:

Raphaël Pellegrino qui a réalisé ce reportage (mais ne l'a pas monté) est venu deux fois au camping de l'Origan où j'ai travaillé en tant qu'animateur. La première en tout début de saison, la deuxième en toute fin, pour un total de deux bonnes semaines, ce qui a été assez fatiguant car compliquant un petit peu mon travail, mais surtout prenant sur mon temps de repos. Cependant nous nous sommes très bien entendus (il m'a même vivement encouragé à me mettre rapidement à l'écriture de mon bouquin), mais son contact a été plus difficile avec mes collègues et certains vacancier, écopant de la mauvaise réputation qu'ont peu à peu acquis les médias vis-à-vis des naturistes devenus extrêmement méfiants...


Corrections et anecdote:
Contrairement à ce que dit la voix-off, je ne vais pas me doucher tous les matins à la cascade qui n'est pas à 12° mais plutôt à 19 ou 20, les images ont d'ailleurs été tournées en début ou en fin d'après-midi. Concernant mon régime alimentaire de l'été, ayant malheureusement eu difficilement accès aux fruits frais et aux fruits de mer, je me suis rabattu sur les salades et légumes d'un voisin du camping, sur du miel et des oeufs crus. Concernant ces derniers, je me suis vite rendu compte que le blanc, surtout cru, mais également cuit, me faisait secréter une quantité de mucus malodorant qui m'a vite poussé à ne plus manger que le jaune.

Réactions après diffusion:
Le public naturiste s'est montré assez déçu par l'ensemble du reportage, souvent considéré comme sans-intérêt voire donnant une mauvaise image du mouvement (excepté les passages m'étant consacrés). Mais il faut bien reconnaître que le reportage, bien qu'il opère une sélection (évacuant à mon grand regret la mouvance militante), ne montre que ce qui existe, et qui est révélateur de l'état actuel majoritaire du mouvement.



Ce reportage est donc à mon sens intéressant pour le mouvement naturiste dans le sens où il peut être l'occasion d'une auto-critique et d'une réflexion approfondie...






jeudi 19 janvier 2017

"Le Nudisme..." Le Livre!

Je suis actuellement en train de terminer l'écriture d'un bouquin tentant de synthétiser l'ampleur de la réflexion du nudisme français, reprenant les fondamentaux hygiénistes proposés par les pionniers et apportant mes propres réflexions plus actuelles.
La correction est en cours, je suis à présent à la recherche d'un éditeur-distributeur, si jamais vous avez de bons contacts! :)

Pitch:
Le nudisme, source de détente et de bien-être tantôt appréciée et pratiquée par les uns, tantôt suspecte et décriée par les autres, provient initialement d'une réflexion médicale, psychologique et philosophique profonde mais aujourd'hui oubliée.
À l'heure où la pudibonderie, les complexes et l'obscurantisme idéologique gagnent à nouveau du terrain, ce plaidoyer pour l'intégrité physique et mentale humaine qui est proposé à travers la défense de la nudité redevient nécessaire et urgent.
À travers un historique sélectif du mouvement nudiste français, ses forces et ses failles, et en poursuivant la réflexions au moyen d’éléments plus récents, ce livre propose de redécouvrir la nudité sous l'angle original de son potentiel ré-équilibrant pour la nature humaine.

Sommaire:

 Le Nudisme (une philosophie moins couillonne qu'il n'y paraît...)
     -Remerciements
     -Avant-propos: La nudité, porte ouverte sur la nature humaine
     -Chapitre 1: Genèse d'une pensée
          -Le corpus naturiste
                -L'hygiénisme naturiste
                -La thérapeutique naturiste
          -Emergence d'un "Naturisme-Intégral"
          -Naissance du Nudisme
     -Chapitre 2: Hygiénisme nudiste
          -Les bienfaits physiques de la nudité
          -Les méfaits des vêtements
     -Chapitre 3: Psychlogie nudiste
          -L'intériorité humaine mise à nu
          -Les sensations de la nudité
     -Chapitre 4: Les gymno-phobies
          -Le fantasme sexuel
          -La dysmorphophobie
          -Le réflexe conditionné
          -L'effet thérapeutique de la nudité
      -Chapitre 5: Le nudisme et la sexualité
          -La réflexion "nudo-sexuelle"
          -Socio-sexualité
          -Nudité, sensualité et sexualité
          -Masculin et féminin
     -Chapitre 6: Involution du mouvement
          -Apogée,effondrement et renaissance
          -L'erreur du mouvement Vivre
          -Conséquences actuelles
          -L'incontrôlable débordement
          -Des solutions pour le nudisme de demain
     -Chapitre 7: Philosophie et spiritualité nudiste
          -Exégèses religieuses
          -Le Dualisme
          -Le Monisme
          -Parenthèse physicaliste
          -Religions nudistes
          -Nudité archétypique
     -Épilogue: Levée du voile

Le livre sera illustré par les dessins présentés ici: https://julien-wolga.blogspot.fr/2017/01/le-nudisme-le-livre.html

samedi 5 novembre 2016

L'Amour a ses raisons que la raison (patriarcale) ignore (et volontairement en plus!)...


Si je devais résumer l'axe essentiel autour duquel s'articule ma réflexion naturienne, ce serait dans le mot « déconditionnement », car nos cultures et éducations actuelles nous éloignent de notre nature en opérant divers « conditionnements », souvent à l'aide d'une forme ou une autre de violence psychologique, et l'une des plus utilisée en matière de sentiments est la culpabilisation.

C'est ce domaine de ma vie intérieure qui se déconditionne en ce moment, ce depuis quelques années, mais la chose étant en train de prendre une tournure plus concrète aujourd'hui, c'est l'occasion de vous proposer une réflexion plus approfondie sur le sujet :


Dans notre culture marquée par le patriarcat (filiation paternelle impliquant le contrôle de la sexualité), le modèle amoureux de référence reste idéalement le couple, si possible pérenne, en tout cas exclusif, mais cet « idéal » (pourtant artificiel) est tellement difficile à mettre en pratique, étant donné les « efforts nécessaires » qu'il réclame, l'étendue des petites ou moins petites « entorses » (en actes inavoués ou ne serait-ce qu'en désirs inassouvis) ainsi que les tensions directes ou indirectes qu'il génère, qu'il n'est pas raisonnable de le considérer comme naturel à notre espèce.
Au contraire, un modèle plus ancien, maladroitement appelé « matriarcat », articulé sur une autre structure familiale n'ayant aucun besoin de restreindre la liberté amoureuse, montre une simplicité, une facilité de mise en œuvre et un impact psycho-social autrement plus bénéfique pour notre espèce.

La découverte de ce système matrilinéaire-avunculaire-communautaire a pour moi été un véritable soulagement me permettant enfin et progressivement de déculpabiliser ma tendance polyamoureuse (car si on peut maîtriser certains actes, on ne ne maîtrise pas les élans de son cœur) et même peu à peu de lui retrouver un sens noble et constructif :

Déjà, qu'est-ce que j'entends pas « polyamour » ?
Habituellement le polyamour est compris comme le fait d'entretenir des relations amoureuses avec plusieurs personnes.
Pour ma part j'aime élargir cette définition en rappelant que l'Amour regroupe un vaste champ de sentiments, d'émotions, d'affections, s'étalant entre ces trois pôles principaux que sont l'amour familial, l'amitié et les relations intimes. Dans ce sens, sans mélanger ni instaurer de barrières hermétiques entre ces pôles, j'y vois un infiniment subtil nuancier permettant d'affirmer que le polyamour désigne également différents sentiments et par conséquent différentes façons d'aimer.

Dans ce nuancier sentimental, il y a déjà différentes intensités d'amour, plus ou moins forts, plus ou moins intenses, plus ou moins durables (car la Vie peut se montrer changeante dans les évolutions de la Nature), mais surtout, chaque personne étant différente et unique, c'est à chaque fois quelque chose de spécifiquement propre qui nous touche et nous fait vibrer en chaque personne aimée.

Les normes affectives actuelles ne nous permettent que deux options très codifiées et clivées en dehors des affections familiales : l'amitié plurielle mais « distante » ou l'amour fusionnel, unique et absolu , tous deux allant trop souvent en-deça ou au-delà de ce que nous éprouvons réellement, ce qui relève du véritable sacrifice quand on en vient à éprouver des sentiments entre-deux pour plusieurs personnes.
Et de ce fait, dans le « choix » amoureux imposé, l'amour devra donc être parasité par d'autres exigences étrangères comme la capacité à vivre ensemble (qui peut même devenir un tue-l'amour pour certains s'il ne fonctionne pas suffisamment) reposant sur des goûts, une compréhension et une organisation en commun, sans parler du contexte social dans lequel naîtra le couple, comme la confrontation avec les familles respectives etc.

La contrainte socio-morale nous pousse même à associer et « prouver » la « véracité » de l'amour à notre capacité d'endurer de la souffrance quotidienne (ce que désigne discrètement la notion « d'engagement » qui constitue en réalité un véritable « pari » incertain sur nos capacités à surmonter des conditions pouvant devenir défavorables, usantes et même parfois toxiques, pouvant à leur tour transformer un amour idéalisé en détestation bien réelle…) … ou à vouloir « changer l'autre » pour qu'il se conforme à un idéal qui le dénature...

Alors si l'amour peut effectivement servir de force pour surmonter momentanément un passage difficile le temps qu'un équilibre satisfaisant puisse se réinstaurer, ce n'est, à mon sens, pas du tout sa fonction première, et le mythe de « l'amour plus fort que tout » est soit faux, soit mal interprété :

L'amour est effectivement une grande et belle force, un élan intérieur poussant à un mouvement extérieur, donc en soi quelque chose de très dynamique et vivant.
Mais cette force n'est pas invincible, et comme toute force elle nécessite d'être alimentée sans quoi elle s'essouffle et sa source se tarit (j'y reviens un peu plus bas).
Beaucoup s'avancent à affirmer que cette force qu'est l'amour est même le moteur de l'Univers, de la Vie, de la Nature, et j'aime à le penser aussi.
Mais tout comme l'Univers, la Vie, la Nature sont diversifiés, polymorphes, pluriels, il ne faut pas s'étonner que l'Amour le soit aussi.

Pour ma part, et plus « organiquement », j'aime beaucoup me représenter les choses ainsi :
Tout comme notre corps est composé de cellules qui naissent, agissent selon leur fonction propre et meurent non pour elle-mêmes mais pour l'ensemble dont elles font partie, chacun d'entre nous est produit et « programmé » par notre espèce (et par extension la Nature) considérée comme étant le grand corps invisible dont nous sommes les cellules. Nos sensibilités et sentiments spécifiques sont, tout comme nos organismes et nos comportements, produites par notre espèce pour satisfaire aux besoins d'un ensemble auquel nous participons.
Dans notre espèce particulièrement à la fois complexe et peu spécialisée, l'Amour est une impulsion vitale qui réponds à un besoin bien plus riche et bien plus étendu que la simple reproduction dont bien d'autres espèces se contentent : l'humanité étant une espèce particulièrement sociale, et cette sociabilité extrême étant à la base de nombreuses de nos particularités (c'est proprement notre force en tant qu'espèce « nue : sans armes ni armures naturelles), l'amour dans sa riche diversité est un moteur social extrêmement important et puissant satisfaisant aux besoins de cohésion sociale.

Et pour nous pousser à nous plonger corps et âme dans cet amour vital pour elle, notre espèce développera en nous tout cet éventail de désirs sentimentaux et récompensera leur satisfaction d'un plaisir inégalé et d'autant plus profond qu'il se sera exprimé dans la douceur et la subtilité.
Certains dont je fais partie pensent même que cet amour pleinement vécu donne naissance à la profonde sensation mystique que de nombreux religieux recherchent en vain en dehors de cette voie naturelle...

De ce fait, non seulement la répression des sentiments et des manifestations qu'ils appellent est particulièrement frustrante pour les individus qui en ressortent plus nerveux et tendus, mais c'est surtout tout le tissus social qui en perd gravement en cohésion et se disloque, au grand intérêt des pouvoirs dont la division est essentiel au règne.


Je vais revenir un moment sur la nature de ces sentiments et des réalisations qu'ils inspirent : notre éducation, masculine (et du coup machiste) notamment, réprimant souvent tout le développement du champ de la sensualité, tout désir «charnel » va immédiatement être associé à du désir sexuel. Or tous les sentiments ne réclament pas systématiquement une telle intimité.
Je crois même que dans l'absolu naturel déconditionné, la plupart des « petits amours » n'aspirent qu'à une relation charnelle extérieure, ce qu'on appelle le câlin (non-sexuel), qui peut aller jusqu'à un peau à peau très intense et particulièrement bénéfique.

Par ailleurs, parmi ces sentiments et désirs, il me semble important de comprendre que l'Amour a deux «sens » : un premier sens « réceptif », le besoin de recevoir de l'amour, qui nous permet de développer sainement notre âme et la maintenir en « forme », mais une fois que ce besoin est satisfait, il génère une capacité plus grande encore, son sens « émissif » : le besoin de donner de l'amour, qui nécessite la satisfaction du premier pour se développer (ou en tout cas a du mal à s'en passer), mais multiplie ensuite ce qu'il a reçu pour le distribuer autour de lui…
Cette amour devenu « exponentiel », qui nourrit à le fois celui qui reçoit et à la fois celui qui donne est à mon avis la même chose (quoique dépuritanisée) que ce que certains appellent « l'amour inconditionnel » mais trop souvent présenté comme un idéal éthéré et inatteignable faute d'outils de compréhension (et donc de déconditionnement/réaménagement) adaptés…
À mon sens l'amour inconditionnel relève donc en premier lieu de son déconditionnement (notamment de sa quasi exclusive spiritualisation) avant que de pouvoir atteindre son noble but de pouvoir se donner sans condition...


À trop vouloir faire de l'amour une notion purement spirituelle, je pense qu'on l'éloigne d'autant plus de nous, car on l'empêche de « s'incarner » et de devenir enfin opérant et bénéfique.
Accepter de « redescendre » et de suivre son cœur est à mon avis la meilleure, si ce n'est la seule voie à suivre en matière de réparation humaine du point de vue des sentiments.
Mais pour se faire, il faut nécessairement en passer par la déculpabilisation du cœur et de l'amour dont il peut déborder, et dont il peut demander l'accomplissement, dans l'une ou l'autre de ses subtiles nuances.
Le chemin vers l'Amour ne peut se faire sans amour, à commencer par l'amour-propre, et l'amour des différents amours qui animent nôtre âme et le corps dont elle est la vie…

Après, il est aussi clair qu'en l'état actuel des choses, toutes les amours amoureux que j'éprouve ne sont pas nécessairement réalisables et doivent se contenter de manifestations simplement bienveillantes : j'aime plusieurs femmes, chacune différemment, mais pas question pour moi de les mettre dans l’embarras, qu'elles soient déjà en couple, mères de familles, ou simplement aspirant à l'être, il n'est parfois même pas question pour moi de l'évoquer.

Et puis il y a aussi une dynamique mystique dans l'amour, s'appuyant parfois sur certaines asymétries sentimentales pour nous faire évoluer…

Qu'importe, l'important c'est d'aimer, et d'aimer aimer...


[Edit du 10/11/2016: La publication de cet article sur mon mur FB a suscité une forte controverse mettant en cause mon équilibre psychologique, mon intégrité intellectuelle et ma vie privée. Si vous souhaitez vous informer des torts qui me sont reprochés, vous pouvez le faire en consultant le post en question ici ]

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 Mise à jour du 16/11/2016 - Complément de réflexion :

Suite à la lecture de cet article, plusieurs personnes ont attiré mon attention sur un fait que je n'avais pas remarqué, à savoir que le terme "polyamour", même redéfini par mes soins, restait "restreignant", et passe finalement dans son étymologie à côté du cœur du sujet:
L'important n'est pas la quantité de personnes aimées simultanément, même si c'est chose parfaitement possible, mais plutôt la "qualité" d'amour ressenti et manifesté par le comportement, à savoir s'il est exigent/contrôlant ou au contraire dans le laisser-être et le lâcher prise.
Il serait donc plus approprié de parler de "Libre-Amour", définissant l'attitude d'accepter telles quelles les diverses implusions du cœur et leurs éventuelles fluctuences, chez les autres et en premier lieu en soi-même...

mercredi 14 septembre 2016

Retour du « Stand des Nudistes » de la fête de l'Huma'

Quelle aventure ! C'était fou ! Pas facile facile, parfois même éreintant, mais aucun regret, au contraire : le sentiment commun que les choses devaient se faire ainsi a été partagé par beaucoup d'entre nous...

Tout a commencé sur un clin d’œil, une blague presque : l'affiche de l'édition 2016 reproduisant dans son patchwork un homme et une femme nus se reposant nus dans l'herbe:


Les copains de l'APNEL ont sauté sur l'occasion et ont proposé d'incarner cette belle image en y implantant un stand naturiste… et la demande a été accepté !
Ils m'ont proposé de participer à ma manière en animant un atelier de body-painting et en participant aux débats... je ne pouvais bien évidement pas dire non !
Et de fil en aiguille nous voilà jusqu'à neuf clampins tous nus à susciter tantôt d'interrogation, tantôt l'enthousiasme (et accessoirement un petit buzz médiatique), comme un chien dans un jeu de quilles au départ… mais qui finit par ne plus en renverser une seule et au contraire se lier d'affection avec elles…

Voici mon petit compte-rendu subjectif de cette surréaliste mais Ô combien enrichissante aventure...


1) Notre motif :

Mais que diable sont venus faire les nudistes à la fête de l'huma ?!!
Pourquoi ? Quel intérêt ? Quel est le sens de cette démarche ?

C'est sans doute la question qui nous a été la plus posée par les festivaliers.

Au fur et à mesure des discussions, je me suis vite rendu compte que l'argument intuitif de la « Liberté » (qui paraît évident et rassemble tout de même un maximum d'adhésions) apparaissait insuffisant à des personnes qui ne se sentaient à priori pas concernées par ce besoin spécifique et qui plus est habituées aux luttes pour des « grandes » causes.

C'est sûr que le simple « confort » et « bien-être » individuel que peut apporter la nudité libre peut paraître insignifiant voire même carrément individualiste à leur yeux de militants aguerris au sacrifice de soi. (Ce qui n'est pas entièrement faux si l'on tient compte de l'ensemble du discours et des pratiques du mouvement naturiste actuel…)

Ce fût du coup une magnifique occasion pour moi de vérifier à quel point le discours « hygiéniste » (à ma connaissance non retransmis par les médias qui m'ont interrogé sur le sujet), que je souhaite réinfuser et réhabiliter dans le mouvement nudiste, apportait un sens plus altruiste, politique (au sens citoyen et non électoral) et pertinent aux regards exigeants (quoique bienveillants) de la plupart de mes interlocuteurs.
Si bien que je me suis permis de prendre la parole pour résumer toute cette vision des choses lors d'un débat public organisé sur le sujet :

En « vitrine », notre but premier est d'interpeller les élus sur le flou juridique qui repose sur un article de loi pénalisant l'exhibition sexuelle : aucun article complémentaire ne définit ce qu'est l'exhibition sexuelle et surtout ce qu'elle n'est pas, laissant la charge d'interpréter le texte de loi aux juges alors que la loi ne devrait par principe ne pas être interprétable, ceci pour assuré l'égalité de traitement entre les affaires similaires.

Mais dans le fond, notre revendication, ou plutôt notre action politique citoyenne est bien plus profonde que cela, et c'est là l'essence de la philosophie nudiste qui est malheureusement ignorée par l'ensemble du mouvement lui-même :
À travers la nudité, c'est quelque chose bien plus vaste et profond qu'une simple « tenue » qui est défendu : c'est tout simplement la dignité et l'intégrité humaine, dignité et intégrité qui sont malmenées, maltraitées, et même violées, moins par la loi que par les mœurs, et c'est bien là que réside l'engagement « citoyen » de notre mouvement, dans le sens où le nudisme souhaite participer pleinement à l'élaboration, et en l’occurrence à la « réparation » de notre tissu social, actuellement inutilement et catastrophiquement générateur des complexes, qui nous paraissent aujourd'hui faire partie de la norme, mais qui, en portant atteinte à nos amours-propres, déséquilibrent notre psyché, nous empêchent d'offrir le meilleur de nous-mêmes à nos congénères et à la Nature toute entière, en un mot nous rendent moins « humains ».

J'en ai profité pour illustrer mon propos en mettant le doigt sur un fait qui a été remarqué par l'ensemble des festivaliers, à savoir la sous-représentation féminine sur le stand, qui a pour simple cause non-pas une dominante masculine au sein de notre mouvement, mais tout simplement l'extrême violence sexiste qui gagne à nouveau du terrain et qui frappe plus violemment encore les femmes que les hommes, les poussant à plus de réserve... (sans pour autant dénigrer la nature masculine elle-même, mais en désignant au contraire l'éducation brutale et aliénante qui lui est culturellement imposée, l'empêchant de développer la délicatesse et l'attention que la nature féminine est en droit d'attendre d'elle).

Et j'en profite ici pour faire allusion à l'instructif sens étymologique des termes « pudeur » (pudor > pudeo > pavio: frapper) et « honte » (relatif au verbe « honnir ») qui désignent tous deux la violence sociale (notamment l'humiliation) « institutionalisée » sur laquelle repose notre culture, plus simplement appelée « le regard des autres », qui est le motif universellement (et très justement) présenté par les festivaliers partagés entre le désir de se libérer et celui de se protéger d'une agression morale perpétuelle et blessante.

Me positionnant délibérément en légère contradiction avec la définition officielle du mouvement naturiste, je me suis permis de rappeler qu'initialement, le Naturisme cherche à prendre soin de la Nature Humaine dans son sens le plus large (alimentation, activité physique, culture, éducation etc.) et que le Nudisme est l'une des manières d'en prendre soin.
Et pour rappeler l'importance de la nudité en liberté, j'ai terminé ma première prise de parole en rappelant la réflexion d'un médecin à qui on avait demandé dans l'un des premiers numéros de la Vie au Soleil ce qu'il pensait du Nudisme, question à laquelle il répondit en affirmant qu'il y était parfaitement favorable, à la condition que ce dernier ne se contente pas de s'enfermer dans des enclaves, mais bien qu'il soit accessible à la vue de tous, et ce pour une simple et bonne raison : afin que les jeunes générations ainsi habituées à la vision de corps nus ne soient plus victimes durant leur croissance des complexes et obsessions sexuelles qui sont générées par l'interdiction de la nudité (et particulièrement la nudité sexuelle).

(J'ai pu expliquer tout au long de la fête, au cas par cas, en plus des vertus physiologiques et thérapeutiques de la nudité, en quoi ce tabou sexuel générait l'obsession sexuelle et les fantasmes qui vont avec : notre curiosité naturelle a pour but de nous renseigner sur l'identité de l'autre qui est exprimée par son corps. Un « balayage visuel » simple et rapide s'opère normalement sans que nous en ayons nous même conscience. Or, si l'une de ces informations reste inaccessible, à plus forte raison si elle l'est totalement, la curiosité naturelle va « bloquer » sur elle pour tenter de la percevoir, devenant obsessive, et l'imagination cherchera à combler provisoirement l'information manquante par une production virtuelle fantasmatique).

Après différentes interventions j'ai repris la parole, pour tout de même établir un lien possible et actuel entre le nudisme et la critique anti-capitaliste (ambiance communiste oblige) :
Autrefois, nos complexes nous étaient induits par la morale religieuse, quoi que le puritanisme puisse être également véhiculé par des pensées parfaitement athées.
Avec le grand (quoiqu'un peu aveugle) mouvement de libération des années 70, cette chape de plomb a sauté, mais depuis les années 90 cette pudibonderie se réinstalle peu à peu pour atteindre aujourd'hui des proportions inquiétantes.
Si certains attribuent ce retour à la montée de l'islam extrémiste, je désigne pour ma part le commerce, la publicité, qui ont tout intérêt à ce que nous soyons complexés et à entretenir ces complexe voire tout simplement les créer de toute pièce, afin que dépourvus de la plénitude que nous offre l'amour-propre naturel, nous soyons poussés à combler ce vide, cette « incomplétude », par une consommation effrénée.
Le nudisme naturiste peut donc être considéré comme une manière peu vindicative mais néanmoins dotée d'une certaine efficacité de lutter contre la déraison commerciale déshumanisante.


2 ) L'ambiance et l'accueil:

Balançant entre l'insouciance et l'anxiété, ne sachant pas vraiment où nous mettions les pieds ni quelles réactions nous allions susciter et récolter, notre petite équipe des cul-nus composée d'amis différents mais complémentaires s'est donnée à fond à la fois pour présenter cette nudité qui nous tient à cœur et tout ce qu'elle véhicule.

Il me semble important de préciser que ni les idées (nudité publique libre) que nous sommes venus défendre, ni le projet lui-même (tenir un stand nu à la fête de l'Huma) ne suscitent l'unanimité au sein de notre propre mouvement naturiste, que vives et nombreuses ont été les réactions adverses et les oppositions catégoriques.
Cependant, une fois le projet lancé, en cours d'exécution, puis accompli, il semble que la vapeur se soit inversée, et que les peurs qui ont tendance à paralyser et scléroser notre mouvement aient perdu du terrain. (Ce qui reste tout de même à vérifier sur le long terme)

Sur place, nous avons été très surpris et assez mal à l'aise face au degré d'alcoolémie permanente qui règne sur place : nous ne sommes pas tous des naturistes hygiénistes, mais c'est vrai que n'étant globalement pas des buveurs (nous aimons dans l'ensemble tous rester maîtres de nous-mêmes et conserver nos facultés, notamment de par notre vocation militante et communicante), nous avons d'abord été très inquiets, sachant toutes les inhibitions que peut lever l'état d'ébriété et les « échauffements » qu'il peut déclencher…
Mais outre les petites incivilités involontaires qui rendent la situation parfois assez inconfortable et font douter de la conscience écologique de certains, nous avons quand-même pu globalement remarquer que les personnes rencontrées se comportaient tout de même très bien, et avaient vraiment du cœur et que l'Humanité dont c'était la fête était tout de même bien présente, ce qui a fini par nous réconforter et nous donner encore plus de cœur à l'ouvrage.

Mais donc globalement, de regard du public a été très varié : une grande partie de « déstabilisés » au début, qui sont devenus plus indifférents au fil des jours, une infime minorité de « scandalisés », un peu plus de « lourdingues » (frustration masculine + alcool aidant), mais une grande majorité de bienveillants dont certains ont osé nous accompagner dans la nudité le temps d'une pause au stand.


La commission de sécurité et d'hygiène (qui ne fait pas partie de l'équipe organisatrice mais d'instances étatiques) a eu très peur que notre nudité suscite des « troubles à l'ordre public », et a dans un premier temps fait marche arrière sur notre droit à la nudité (initialement accordée uniquement sur notre stand, ce qui est compréhensible surtout pour une première, il a été question de l'interdire à l'exception du prétexte artistique que constitue le body-painting), ce qui a suscité une réaction de soutien de la part des exposants : beaucoup nous ont affirmé que si jamais une interdiction plus forte, voire une expulsion nous était imposée, les équipes de leurs stands se « foutraient tous à poil » pour manifester leur soutien.

Enfin, énormément de sympathisants, pas forcément prêts à sauter le pas eux-mêmes, ont réclamé notre retour lors de la prochaine édition (avec une arrière-cour préservée des regards indélicats pour qu'ils puissent s'y essayer dans la sérénité d'une « bulle de bienveillance » que les clubs et les centres ont vocation à incarner et proposer), certains allant jusqu'à souhaiter que la nudité soit permise sur tout le terrain du festival...
Nous avons donc globalement réussi notre pari du « vivre ensemble » entre nus et vêtus que nous défendons.


3) Retombées médiatiques :

Il est certainement encore trop tôt pour prendre la mesure de l'impact de notre action du point de vue médiatique.
Mais une première chose est certaine, c'est que nous avons fait le buzz : 22 grands médias se sont déplacés jusqu'à nous, mais également d'autres plus alternatifs et amateurs (ce qui semble être un record pour un simple stand à la fête de l'huma, interventions de notoriétés politiques mises à part).


Les naturistes s'invitent à la Fête de l'Huma par BFMTV

Le message est-il pour autant bien passé ? … ça dépend duquel.
Globalement, malgré les éventuelles railleries bon enfant, l'image de notre action reste très positive : légèreté, bienveillance, nous passons certes pour des rêveurs farfelus, mais pas pour des pervers, ce qui est déjà très très bien !
Mais le formatage de l'information devant correspondre aux exigences de l'audimat, il est de ce fait logique que les discours plus complexes (comme le mien sur lequel il me faut continuer de travailler), nuancés et subtils auront du mal à être retransmis (interviewé plusieurs fois, pour le moment aucune de mes interventions n'a été retransmise).
Peu importe, c'est un fait dont il faut tenir compte : les médias de masse ne sont pas à notre service, et ne peuvent généralement que nous offrir la place d'une « entrée en matière » stimulant la curiosité du public qui pourra alors avoir envie d'en savoir plus par lui-même, tout au plus.
C'est à nous de développer et diffuser nous-même nos idées et savoir « jouer » avec les contraintes médiatiques pour tirer notre épingle du jeu.

Ceci dit, de cette expérience je tire la conviction que rien ne vaut une communication à échelle humaine, de personne à personne, où l'empathie directe permet non seulement d'adapter le discours… mais surtout découvrir des questions auxquelles nous n'avions pas encore pensé, de mettre le doigt sur nos propres incohérences, permettant de ce fait d'approfondir encore plus notre réflexion, de l'enrichir, de la valoriser et de transformer une démarche prosélyte qui peut se montrer détestable en véritable échange apportant peut-être plus au « prêcheur » qu'au prêché et constituant un véritable échange/apport à double sens… la base de la communication humaine quoi…


Avant de terminer, j'aimerai réagir à une chronique, celle de Raphaël Enthoven sur Europe 1, qui a le mérite d'objecter au nudisme une réflexion "intellectuelle" développée:


Je passerai sur les allusions aux statuts « animal » et « pré-humain » qui ponctuent sa démonstration et qui mériteraient une sérieuse mise à jour à la lumière des études éthologiques, pour alerter sur le cœur de son discours qui reproche au nudisme « de tuer le désir en détruisant l'imagination ».

Ce lien fait désir et imagination, présentée sous un jour idylique, relève en réalité du processus moins joyeux de « frustration → obsession → fantasme → excitation » présenté plus haut, et relève bien plus de l'énervement (et donc de l'agressivité qui n'est pas franchement l'optimal de la relation humaine), que de la détente, tandis que le moteur émotionnel/sentimental est déjà naturellement prévu pour animer nos désirs et nos passions au moyen d'impulsion bien plus sensuelles et paisibles.
Ce ne serait bien évidemment pas bien grave si le processus d'entretien du mystère n'avais des conséquences inquiétantes : à savoir un état de tension permanente, générant un profond malaise, déclenchant (voire légitimant) bon nombre « d'indélicatesses » et « d'incivilités » (euphémisme, car les comportement dégénèrent souvent assez gravement : harcèlement, humiliations et autres violences), notamment des hommes à l'encontre des femmes, parfaitement inutile et même contre-productif à tout désir de sociabilisation.
Si certaines élites semblent savoir « sublimer » ce qui pourrait être qualifié de « petite névrose », le fait est que parmi le reste de la population une majorité échangeraient bien "l'ennui" supposément généré par la nudité publique contre leurs souffrances quotidiennes...


Bilan…

L'expérience a été très riche, mais très éprouvante : malgré l'extraordinaire bienveillance dont nous ont gratifié tant de personnes avec lesquelles nous nous sommes liés d'amitié, se retrouver nus dans ce contexte particulier n'a pas été facile du tout, particulièrement inconfortable émotionnellement de par la légitimité précaire de notre présence, le besoin de se revêtir de l'armure sociale protectrice qu'est le vêtement s'est souvent faite ressentir, et d'ailleurs tous les soirs je me suis vite rhabillé une fois le stand fermé au public le soir venu.

L'ambiance n'était pas approprié pour la nudité bien-être, détente et ressourcement, et ce n'était d'ailleurs pas le but de l'expérience, du moins pas encore pour cette première: si d'autres éditions se présentent, sans doute que les choses deviendront peu à peu plus fluides, mais pour cette première, le défi était bien d'ouvrir une porte lourdement scellée…

Et effectivement nous sommes plusieurs à avoir senti que quelque chose d'important s'était passé, pouvant considérablement contribuer à l'évolution future de notre société (et accessoirement de notre mouvement que nous cherchons à faire évoluer, pour ne pas dire muter…).

L'avenir nous le dira !