samedi 5 novembre 2016

L'Amour a ses raisons que la raison (patriarcale) ignore (et volontairement en plus!)...


Si je devais résumer l'axe essentiel autour duquel s'articule ma réflexion naturienne, ce serait dans le mot « déconditionnement », car nos cultures et éducations actuelles nous éloignent de notre nature en opérant divers « conditionnements », souvent à l'aide d'une forme ou une autre de violence psychologique, et l'une des plus utilisée en matière de sentiments est la culpabilisation.

C'est ce domaine de ma vie intérieure qui se déconditionne en ce moment, ce depuis quelques années, mais la chose étant en train de prendre une tournure plus concrète aujourd'hui, c'est l'occasion de vous proposer une réflexion plus approfondie sur le sujet :


Dans notre culture marquée par le patriarcat (filiation paternelle impliquant le contrôle de la sexualité), le modèle amoureux de référence reste idéalement le couple, si possible pérenne, en tout cas exclusif, mais cet « idéal » (pourtant artificiel) est tellement difficile à mettre en pratique, étant donné les « efforts nécessaires » qu'il réclame, l'étendue des petites ou moins petites « entorses » (en actes inavoués ou ne serait-ce qu'en désirs inassouvis) ainsi que les tensions directes ou indirectes qu'il génère, qu'il n'est pas raisonnable de le considérer comme naturel à notre espèce.
Au contraire, un modèle plus ancien, maladroitement appelé « matriarcat », articulé sur une autre structure familiale n'ayant aucun besoin de restreindre la liberté amoureuse, montre une simplicité, une facilité de mise en œuvre et un impact psycho-social autrement plus bénéfique pour notre espèce.

La découverte de ce système matrilinéaire-avunculaire-communautaire a pour moi été un véritable soulagement me permettant enfin et progressivement de déculpabiliser ma tendance polyamoureuse (car si on peut maîtriser certains actes, on ne ne maîtrise pas les élans de son cœur) et même peu à peu de lui retrouver un sens noble et constructif :

Déjà, qu'est-ce que j'entends pas « polyamour » ?
Habituellement le polyamour est compris comme le fait d'entretenir des relations amoureuses avec plusieurs personnes.
Pour ma part j'aime élargir cette définition en rappelant que l'Amour regroupe un vaste champ de sentiments, d'émotions, d'affections, s'étalant entre ces trois pôles principaux que sont l'amour familial, l'amitié et les relations intimes. Dans ce sens, sans mélanger ni instaurer de barrières hermétiques entre ces pôles, j'y vois un infiniment subtil nuancier permettant d'affirmer que le polyamour désigne également différents sentiments et par conséquent différentes façons d'aimer.

Dans ce nuancier sentimental, il y a déjà différentes intensités d'amour, plus ou moins forts, plus ou moins intenses, plus ou moins durables (car la Vie peut se montrer changeante dans les évolutions de la Nature), mais surtout, chaque personne étant différente et unique, c'est à chaque fois quelque chose de spécifiquement propre qui nous touche et nous fait vibrer en chaque personne aimée.

Les normes affectives actuelles ne nous permettent que deux options très codifiées et clivées en dehors des affections familiales : l'amitié plurielle mais « distante » ou l'amour fusionnel, unique et absolu , tous deux allant trop souvent en-deça ou au-delà de ce que nous éprouvons réellement, ce qui relève du véritable sacrifice quand on en vient à éprouver des sentiments entre-deux pour plusieurs personnes.
Et de ce fait, dans le « choix » amoureux imposé, l'amour devra donc être parasité par d'autres exigences étrangères comme la capacité à vivre ensemble (qui peut même devenir un tue-l'amour pour certains s'il ne fonctionne pas suffisamment) reposant sur des goûts, une compréhension et une organisation en commun, sans parler du contexte social dans lequel naîtra le couple, comme la confrontation avec les familles respectives etc.

La contrainte socio-morale nous pousse même à associer et « prouver » la « véracité » de l'amour à notre capacité d'endurer de la souffrance quotidienne (ce que désigne discrètement la notion « d'engagement » qui constitue en réalité un véritable « pari » incertain sur nos capacités à surmonter des conditions pouvant devenir défavorables, usantes et même parfois toxiques, pouvant à leur tour transformer un amour idéalisé en détestation bien réelle…) … ou à vouloir « changer l'autre » pour qu'il se conforme à un idéal qui le dénature...

Alors si l'amour peut effectivement servir de force pour surmonter momentanément un passage difficile le temps qu'un équilibre satisfaisant puisse se réinstaurer, ce n'est, à mon sens, pas du tout sa fonction première, et le mythe de « l'amour plus fort que tout » est soit faux, soit mal interprété :

L'amour est effectivement une grande et belle force, un élan intérieur poussant à un mouvement extérieur, donc en soi quelque chose de très dynamique et vivant.
Mais cette force n'est pas invincible, et comme toute force elle nécessite d'être alimentée sans quoi elle s'essouffle et sa source se tarit (j'y reviens un peu plus bas).
Beaucoup s'avancent à affirmer que cette force qu'est l'amour est même le moteur de l'Univers, de la Vie, de la Nature, et j'aime à le penser aussi.
Mais tout comme l'Univers, la Vie, la Nature sont diversifiés, polymorphes, pluriels, il ne faut pas s'étonner que l'Amour le soit aussi.

Pour ma part, et plus « organiquement », j'aime beaucoup me représenter les choses ainsi :
Tout comme notre corps est composé de cellules qui naissent, agissent selon leur fonction propre et meurent non pour elle-mêmes mais pour l'ensemble dont elles font partie, chacun d'entre nous est produit et « programmé » par notre espèce (et par extension la Nature) considérée comme étant le grand corps invisible dont nous sommes les cellules. Nos sensibilités et sentiments spécifiques sont, tout comme nos organismes et nos comportements, produites par notre espèce pour satisfaire aux besoins d'un ensemble auquel nous participons.
Dans notre espèce particulièrement à la fois complexe et peu spécialisée, l'Amour est une impulsion vitale qui réponds à un besoin bien plus riche et bien plus étendu que la simple reproduction dont bien d'autres espèces se contentent : l'humanité étant une espèce particulièrement sociale, et cette sociabilité extrême étant à la base de nombreuses de nos particularités (c'est proprement notre force en tant qu'espèce « nue : sans armes ni armures naturelles), l'amour dans sa riche diversité est un moteur social extrêmement important et puissant satisfaisant aux besoins de cohésion sociale.

Et pour nous pousser à nous plonger corps et âme dans cet amour vital pour elle, notre espèce développera en nous tout cet éventail de désirs sentimentaux et récompensera leur satisfaction d'un plaisir inégalé et d'autant plus profond qu'il se sera exprimé dans la douceur et la subtilité.
Certains dont je fais partie pensent même que cet amour pleinement vécu donne naissance à la profonde sensation mystique que de nombreux religieux recherchent en vain en dehors de cette voie naturelle...

De ce fait, non seulement la répression des sentiments et des manifestations qu'ils appellent est particulièrement frustrante pour les individus qui en ressortent plus nerveux et tendus, mais c'est surtout tout le tissus social qui en perd gravement en cohésion et se disloque, au grand intérêt des pouvoirs dont la division est essentiel au règne.


Je vais revenir un moment sur la nature de ces sentiments et des réalisations qu'ils inspirent : notre éducation, masculine (et du coup machiste) notamment, réprimant souvent tout le développement du champ de la sensualité, tout désir «charnel » va immédiatement être associé à du désir sexuel. Or tous les sentiments ne réclament pas systématiquement une telle intimité.
Je crois même que dans l'absolu naturel déconditionné, la plupart des « petits amours » n'aspirent qu'à une relation charnelle extérieure, ce qu'on appelle le câlin (non-sexuel), qui peut aller jusqu'à un peau à peau très intense et particulièrement bénéfique.

Par ailleurs, parmi ces sentiments et désirs, il me semble important de comprendre que l'Amour a deux «sens » : un premier sens « réceptif », le besoin de recevoir de l'amour, qui nous permet de développer sainement notre âme et la maintenir en « forme », mais une fois que ce besoin est satisfait, il génère une capacité plus grande encore, son sens « émissif » : le besoin de donner de l'amour, qui nécessite la satisfaction du premier pour se développer (ou en tout cas a du mal à s'en passer), mais multiplie ensuite ce qu'il a reçu pour le distribuer autour de lui…
Cette amour devenu « exponentiel », qui nourrit à le fois celui qui reçoit et à la fois celui qui donne est à mon avis la même chose (quoique dépuritanisée) que ce que certains appellent « l'amour inconditionnel » mais trop souvent présenté comme un idéal éthéré et inatteignable faute d'outils de compréhension (et donc de déconditionnement/réaménagement) adaptés…
À mon sens l'amour inconditionnel relève donc en premier lieu de son déconditionnement (notamment de sa quasi exclusive spiritualisation) avant que de pouvoir atteindre son noble but de pouvoir se donner sans condition...


À trop vouloir faire de l'amour une notion purement spirituelle, je pense qu'on l'éloigne d'autant plus de nous, car on l'empêche de « s'incarner » et de devenir enfin opérant et bénéfique.
Accepter de « redescendre » et de suivre son cœur est à mon avis la meilleure, si ce n'est la seule voie à suivre en matière de réparation humaine du point de vue des sentiments.
Mais pour se faire, il faut nécessairement en passer par la déculpabilisation du cœur et de l'amour dont il peut déborder, et dont il peut demander l'accomplissement, dans l'une ou l'autre de ses subtiles nuances.
Le chemin vers l'Amour ne peut se faire sans amour, à commencer par l'amour-propre, et l'amour des différents amours qui animent nôtre âme et le corps dont elle est la vie…

Après, il est aussi clair qu'en l'état actuel des choses, toutes les amours amoureux que j'éprouve ne sont pas nécessairement réalisables et doivent se contenter de manifestations simplement bienveillantes : j'aime plusieurs femmes, chacune différemment, mais pas question pour moi de les mettre dans l’embarras, qu'elles soient déjà en couple, mères de familles, ou simplement aspirant à l'être, il n'est parfois même pas question pour moi de l'évoquer.

Et puis il y a aussi une dynamique mystique dans l'amour, s'appuyant parfois sur certaines asymétries sentimentales pour nous faire évoluer…

Qu'importe, l'important c'est d'aimer, et d'aimer aimer...


[Edit du 10/11/2016: La publication de cet article sur mon mur FB a suscité une forte controverse mettant en cause mon équilibre psychologique, mon intégrité intellectuelle et ma vie privée. Si vous souhaitez vous informer des torts qui me sont reprochés, vous pouvez le faire en consultant le post en question ici ]

°
 Mise à jour du 16/11/2016 - Complément de réflexion :

Suite à la lecture de cet article, plusieurs personnes ont attiré mon attention sur un fait que je n'avais pas remarqué, à savoir que le terme "polyamour", même redéfini par mes soins, restait "restreignant", et passe finalement dans son étymologie à côté du cœur du sujet:
L'important n'est pas la quantité de personnes aimées simultanément, même si c'est chose parfaitement possible, mais plutôt la "qualité" d'amour ressenti et manifesté par le comportement, à savoir s'il est exigent/contrôlant ou au contraire dans le laisser-être et le lâcher prise.
Il serait donc plus approprié de parler de "Libre-Amour", définissant l'attitude d'accepter telles quelles les diverses implusions du cœur et leurs éventuelles fluctuences, chez les autres et en premier lieu en soi-même...

mercredi 14 septembre 2016

Retour du « Stand des Nudistes » de la fête de l'Huma'

Quelle aventure ! C'était fou ! Pas facile facile, parfois même éreintant, mais aucun regret, au contraire : le sentiment commun que les choses devaient se faire ainsi a été partagé par beaucoup d'entre nous...

Tout a commencé sur un clin d’œil, une blague presque : l'affiche de l'édition 2016 reproduisant dans son patchwork un homme et une femme nus se reposant nus dans l'herbe:


Les copains de l'APNEL ont sauté sur l'occasion et ont proposé d'incarner cette belle image en y implantant un stand naturiste… et la demande a été accepté !
Ils m'ont proposé de participer à ma manière en animant un atelier de body-painting et en participant aux débats... je ne pouvais bien évidement pas dire non !
Et de fil en aiguille nous voilà jusqu'à neuf clampins tous nus à susciter tantôt d'interrogation, tantôt l'enthousiasme (et accessoirement un petit buzz médiatique), comme un chien dans un jeu de quilles au départ… mais qui finit par ne plus en renverser une seule et au contraire se lier d'affection avec elles…

Voici mon petit compte-rendu subjectif de cette surréaliste mais Ô combien enrichissante aventure...


1) Notre motif :

Mais que diable sont venus faire les nudistes à la fête de l'huma ?!!
Pourquoi ? Quel intérêt ? Quel est le sens de cette démarche ?

C'est sans doute la question qui nous a été la plus posée par les festivaliers.

Au fur et à mesure des discussions, je me suis vite rendu compte que l'argument intuitif de la « Liberté » (qui paraît évident et rassemble tout de même un maximum d'adhésions) apparaissait insuffisant à des personnes qui ne se sentaient à priori pas concernées par ce besoin spécifique et qui plus est habituées aux luttes pour des « grandes » causes.

C'est sûr que le simple « confort » et « bien-être » individuel que peut apporter la nudité libre peut paraître insignifiant voire même carrément individualiste à leur yeux de militants aguerris au sacrifice de soi. (Ce qui n'est pas entièrement faux si l'on tient compte de l'ensemble du discours et des pratiques du mouvement naturiste actuel…)

Ce fût du coup une magnifique occasion pour moi de vérifier à quel point le discours « hygiéniste » (à ma connaissance non retransmis par les médias qui m'ont interrogé sur le sujet), que je souhaite réinfuser et réhabiliter dans le mouvement nudiste, apportait un sens plus altruiste, politique (au sens citoyen et non électoral) et pertinent aux regards exigeants (quoique bienveillants) de la plupart de mes interlocuteurs.
Si bien que je me suis permis de prendre la parole pour résumer toute cette vision des choses lors d'un débat public organisé sur le sujet :

En « vitrine », notre but premier est d'interpeller les élus sur le flou juridique qui repose sur un article de loi pénalisant l'exhibition sexuelle : aucun article complémentaire ne définit ce qu'est l'exhibition sexuelle et surtout ce qu'elle n'est pas, laissant la charge d'interpréter le texte de loi aux juges alors que la loi ne devrait par principe ne pas être interprétable, ceci pour assuré l'égalité de traitement entre les affaires similaires.

Mais dans le fond, notre revendication, ou plutôt notre action politique citoyenne est bien plus profonde que cela, et c'est là l'essence de la philosophie nudiste qui est malheureusement ignorée par l'ensemble du mouvement lui-même :
À travers la nudité, c'est quelque chose bien plus vaste et profond qu'une simple « tenue » qui est défendu : c'est tout simplement la dignité et l'intégrité humaine, dignité et intégrité qui sont malmenées, maltraitées, et même violées, moins par la loi que par les mœurs, et c'est bien là que réside l'engagement « citoyen » de notre mouvement, dans le sens où le nudisme souhaite participer pleinement à l'élaboration, et en l’occurrence à la « réparation » de notre tissu social, actuellement inutilement et catastrophiquement générateur des complexes, qui nous paraissent aujourd'hui faire partie de la norme, mais qui, en portant atteinte à nos amours-propres, déséquilibrent notre psyché, nous empêchent d'offrir le meilleur de nous-mêmes à nos congénères et à la Nature toute entière, en un mot nous rendent moins « humains ».

J'en ai profité pour illustrer mon propos en mettant le doigt sur un fait qui a été remarqué par l'ensemble des festivaliers, à savoir la sous-représentation féminine sur le stand, qui a pour simple cause non-pas une dominante masculine au sein de notre mouvement, mais tout simplement l'extrême violence sexiste qui gagne à nouveau du terrain et qui frappe plus violemment encore les femmes que les hommes, les poussant à plus de réserve... (sans pour autant dénigrer la nature masculine elle-même, mais en désignant au contraire l'éducation brutale et aliénante qui lui est culturellement imposée, l'empêchant de développer la délicatesse et l'attention que la nature féminine est en droit d'attendre d'elle).

Et j'en profite ici pour faire allusion à l'instructif sens étymologique des termes « pudeur » (pudor > pudeo > pavio: frapper) et « honte » (relatif au verbe « honnir ») qui désignent tous deux la violence sociale (notamment l'humiliation) « institutionalisée » sur laquelle repose notre culture, plus simplement appelée « le regard des autres », qui est le motif universellement (et très justement) présenté par les festivaliers partagés entre le désir de se libérer et celui de se protéger d'une agression morale perpétuelle et blessante.

Me positionnant délibérément en légère contradiction avec la définition officielle du mouvement naturiste, je me suis permis de rappeler qu'initialement, le Naturisme cherche à prendre soin de la Nature Humaine dans son sens le plus large (alimentation, activité physique, culture, éducation etc.) et que le Nudisme est l'une des manières d'en prendre soin.
Et pour rappeler l'importance de la nudité en liberté, j'ai terminé ma première prise de parole en rappelant la réflexion d'un médecin à qui on avait demandé dans l'un des premiers numéros de la Vie au Soleil ce qu'il pensait du Nudisme, question à laquelle il répondit en affirmant qu'il y était parfaitement favorable, à la condition que ce dernier ne se contente pas de s'enfermer dans des enclaves, mais bien qu'il soit accessible à la vue de tous, et ce pour une simple et bonne raison : afin que les jeunes générations ainsi habituées à la vision de corps nus ne soient plus victimes durant leur croissance des complexes et obsessions sexuelles qui sont générées par l'interdiction de la nudité (et particulièrement la nudité sexuelle).

(J'ai pu expliquer tout au long de la fête, au cas par cas, en plus des vertus physiologiques et thérapeutiques de la nudité, en quoi ce tabou sexuel générait l'obsession sexuelle et les fantasmes qui vont avec : notre curiosité naturelle a pour but de nous renseigner sur l'identité de l'autre qui est exprimée par son corps. Un « balayage visuel » simple et rapide s'opère normalement sans que nous en ayons nous même conscience. Or, si l'une de ces informations reste inaccessible, à plus forte raison si elle l'est totalement, la curiosité naturelle va « bloquer » sur elle pour tenter de la percevoir, devenant obsessive, et l'imagination cherchera à combler provisoirement l'information manquante par une production virtuelle fantasmatique).

Après différentes interventions j'ai repris la parole, pour tout de même établir un lien possible et actuel entre le nudisme et la critique anti-capitaliste (ambiance communiste oblige) :
Autrefois, nos complexes nous étaient induits par la morale religieuse, quoi que le puritanisme puisse être également véhiculé par des pensées parfaitement athées.
Avec le grand (quoiqu'un peu aveugle) mouvement de libération des années 70, cette chape de plomb a sauté, mais depuis les années 90 cette pudibonderie se réinstalle peu à peu pour atteindre aujourd'hui des proportions inquiétantes.
Si certains attribuent ce retour à la montée de l'islam extrémiste, je désigne pour ma part le commerce, la publicité, qui ont tout intérêt à ce que nous soyons complexés et à entretenir ces complexe voire tout simplement les créer de toute pièce, afin que dépourvus de la plénitude que nous offre l'amour-propre naturel, nous soyons poussés à combler ce vide, cette « incomplétude », par une consommation effrénée.
Le nudisme naturiste peut donc être considéré comme une manière peu vindicative mais néanmoins dotée d'une certaine efficacité de lutter contre la déraison commerciale déshumanisante.


2 ) L'ambiance et l'accueil:

Balançant entre l'insouciance et l'anxiété, ne sachant pas vraiment où nous mettions les pieds ni quelles réactions nous allions susciter et récolter, notre petite équipe des cul-nus composée d'amis différents mais complémentaires s'est donnée à fond à la fois pour présenter cette nudité qui nous tient à cœur et tout ce qu'elle véhicule.

Il me semble important de préciser que ni les idées (nudité publique libre) que nous sommes venus défendre, ni le projet lui-même (tenir un stand nu à la fête de l'Huma) ne suscitent l'unanimité au sein de notre propre mouvement naturiste, que vives et nombreuses ont été les réactions adverses et les oppositions catégoriques.
Cependant, une fois le projet lancé, en cours d'exécution, puis accompli, il semble que la vapeur se soit inversée, et que les peurs qui ont tendance à paralyser et scléroser notre mouvement aient perdu du terrain. (Ce qui reste tout de même à vérifier sur le long terme)

Sur place, nous avons été très surpris et assez mal à l'aise face au degré d'alcoolémie permanente qui règne sur place : nous ne sommes pas tous des naturistes hygiénistes, mais c'est vrai que n'étant globalement pas des buveurs (nous aimons dans l'ensemble tous rester maîtres de nous-mêmes et conserver nos facultés, notamment de par notre vocation militante et communicante), nous avons d'abord été très inquiets, sachant toutes les inhibitions que peut lever l'état d'ébriété et les « échauffements » qu'il peut déclencher…
Mais outre les petites incivilités involontaires qui rendent la situation parfois assez inconfortable et font douter de la conscience écologique de certains, nous avons quand-même pu globalement remarquer que les personnes rencontrées se comportaient tout de même très bien, et avaient vraiment du cœur et que l'Humanité dont c'était la fête était tout de même bien présente, ce qui a fini par nous réconforter et nous donner encore plus de cœur à l'ouvrage.

Mais donc globalement, de regard du public a été très varié : une grande partie de « déstabilisés » au début, qui sont devenus plus indifférents au fil des jours, une infime minorité de « scandalisés », un peu plus de « lourdingues » (frustration masculine + alcool aidant), mais une grande majorité de bienveillants dont certains ont osé nous accompagner dans la nudité le temps d'une pause au stand.


La commission de sécurité et d'hygiène (qui ne fait pas partie de l'équipe organisatrice mais d'instances étatiques) a eu très peur que notre nudité suscite des « troubles à l'ordre public », et a dans un premier temps fait marche arrière sur notre droit à la nudité (initialement accordée uniquement sur notre stand, ce qui est compréhensible surtout pour une première, il a été question de l'interdire à l'exception du prétexte artistique que constitue le body-painting), ce qui a suscité une réaction de soutien de la part des exposants : beaucoup nous ont affirmé que si jamais une interdiction plus forte, voire une expulsion nous était imposée, les équipes de leurs stands se « foutraient tous à poil » pour manifester leur soutien.

Enfin, énormément de sympathisants, pas forcément prêts à sauter le pas eux-mêmes, ont réclamé notre retour lors de la prochaine édition (avec une arrière-cour préservée des regards indélicats pour qu'ils puissent s'y essayer dans la sérénité d'une « bulle de bienveillance » que les clubs et les centres ont vocation à incarner et proposer), certains allant jusqu'à souhaiter que la nudité soit permise sur tout le terrain du festival...
Nous avons donc globalement réussi notre pari du « vivre ensemble » entre nus et vêtus que nous défendons.


3) Retombées médiatiques :

Il est certainement encore trop tôt pour prendre la mesure de l'impact de notre action du point de vue médiatique.
Mais une première chose est certaine, c'est que nous avons fait le buzz : 22 grands médias se sont déplacés jusqu'à nous, mais également d'autres plus alternatifs et amateurs (ce qui semble être un record pour un simple stand à la fête de l'huma, interventions de notoriétés politiques mises à part).


Les naturistes s'invitent à la Fête de l'Huma par BFMTV

Le message est-il pour autant bien passé ? … ça dépend duquel.
Globalement, malgré les éventuelles railleries bon enfant, l'image de notre action reste très positive : légèreté, bienveillance, nous passons certes pour des rêveurs farfelus, mais pas pour des pervers, ce qui est déjà très très bien !
Mais le formatage de l'information devant correspondre aux exigences de l'audimat, il est de ce fait logique que les discours plus complexes (comme le mien sur lequel il me faut continuer de travailler), nuancés et subtils auront du mal à être retransmis (interviewé plusieurs fois, pour le moment aucune de mes interventions n'a été retransmise).
Peu importe, c'est un fait dont il faut tenir compte : les médias de masse ne sont pas à notre service, et ne peuvent généralement que nous offrir la place d'une « entrée en matière » stimulant la curiosité du public qui pourra alors avoir envie d'en savoir plus par lui-même, tout au plus.
C'est à nous de développer et diffuser nous-même nos idées et savoir « jouer » avec les contraintes médiatiques pour tirer notre épingle du jeu.

Ceci dit, de cette expérience je tire la conviction que rien ne vaut une communication à échelle humaine, de personne à personne, où l'empathie directe permet non seulement d'adapter le discours… mais surtout découvrir des questions auxquelles nous n'avions pas encore pensé, de mettre le doigt sur nos propres incohérences, permettant de ce fait d'approfondir encore plus notre réflexion, de l'enrichir, de la valoriser et de transformer une démarche prosélyte qui peut se montrer détestable en véritable échange apportant peut-être plus au « prêcheur » qu'au prêché et constituant un véritable échange/apport à double sens… la base de la communication humaine quoi…


Avant de terminer, j'aimerai réagir à une chronique, celle de Raphaël Enthoven sur Europe 1, qui a le mérite d'objecter au nudisme une réflexion "intellectuelle" développée:


Je passerai sur les allusions aux statuts « animal » et « pré-humain » qui ponctuent sa démonstration et qui mériteraient une sérieuse mise à jour à la lumière des études éthologiques, pour alerter sur le cœur de son discours qui reproche au nudisme « de tuer le désir en détruisant l'imagination ».

Ce lien fait désir et imagination, présentée sous un jour idylique, relève en réalité du processus moins joyeux de « frustration → obsession → fantasme → excitation » présenté plus haut, et relève bien plus de l'énervement (et donc de l'agressivité qui n'est pas franchement l'optimal de la relation humaine), que de la détente, tandis que le moteur émotionnel/sentimental est déjà naturellement prévu pour animer nos désirs et nos passions au moyen d'impulsion bien plus sensuelles et paisibles.
Ce ne serait bien évidemment pas bien grave si le processus d'entretien du mystère n'avais des conséquences inquiétantes : à savoir un état de tension permanente, générant un profond malaise, déclenchant (voire légitimant) bon nombre « d'indélicatesses » et « d'incivilités » (euphémisme, car les comportement dégénèrent souvent assez gravement : harcèlement, humiliations et autres violences), notamment des hommes à l'encontre des femmes, parfaitement inutile et même contre-productif à tout désir de sociabilisation.
Si certaines élites semblent savoir « sublimer » ce qui pourrait être qualifié de « petite névrose », le fait est que parmi le reste de la population une majorité échangeraient bien "l'ennui" supposément généré par la nudité publique contre leurs souffrances quotidiennes...


Bilan…

L'expérience a été très riche, mais très éprouvante : malgré l'extraordinaire bienveillance dont nous ont gratifié tant de personnes avec lesquelles nous nous sommes liés d'amitié, se retrouver nus dans ce contexte particulier n'a pas été facile du tout, particulièrement inconfortable émotionnellement de par la légitimité précaire de notre présence, le besoin de se revêtir de l'armure sociale protectrice qu'est le vêtement s'est souvent faite ressentir, et d'ailleurs tous les soirs je me suis vite rhabillé une fois le stand fermé au public le soir venu.

L'ambiance n'était pas approprié pour la nudité bien-être, détente et ressourcement, et ce n'était d'ailleurs pas le but de l'expérience, du moins pas encore pour cette première: si d'autres éditions se présentent, sans doute que les choses deviendront peu à peu plus fluides, mais pour cette première, le défi était bien d'ouvrir une porte lourdement scellée…

Et effectivement nous sommes plusieurs à avoir senti que quelque chose d'important s'était passé, pouvant considérablement contribuer à l'évolution future de notre société (et accessoirement de notre mouvement que nous cherchons à faire évoluer, pour ne pas dire muter…).

L'avenir nous le dira !

dimanche 17 juillet 2016

Oui, l'Humanité est bonne : elle est juste fragile bordel!


Attentat après attentat, guerre après guerre, massacre après massacre, le moral en prend un coup, à chaque fois c'est le découragement, mais ce qui personnellement me donne le coup de grâce, ce ne sont pas les morts, mais bien les vivants qui dépités et déboussolés par tant d'inhumanité, en finissent par maudire notre espèce :

« L'Humain est mauvais », « l'Humanité est la maladie de la planète », et fusent les notions de « tare », de « parasite » qui seraient inhérents à notre nature, « il n'y a qu'à ouvrir les yeux sur notre monde pour s'en convaincre »...

À quoi bon vivre, à quoi bon se battre, résister ou seulement faire de son mieux, si nous sommes nous-même tous viciés dès la base ? Autant en finir tout de suite si nous ne supportons plus cette déprimante « réalité » de notre vicissitude naturelle…

Par bonheur, ce raisonnement bancal repose sur des idées erronées (pour ne pas dire de viles idéologies délibérément trompeuses) et s'il y reste une chose de mauvaise en nous, c'est bien la compréhension que nous nous faisons de notre espèce.

Un peu de logique suffit à désamorcer cette inutile et contre-productive autodépréciation.

Elle est certes un peu plus complexe et subtile que celle plus simpliste consistant à confondre les causes et les conséquences, les natures premières et secondaires, mais elle a le mérite de nous offrir des solutions, ou en tout cas des pistes de réflexions pertinentes pour remédier individuellement et collectivement à cette situation que nous déplorons tous.

Pour développer cette réflexion logique, je vais encore une fois faire appel à la compréhensions hygiéniste/naturiste (manquant à mon avis à Rousseau) qui affirme (et le démontre) que chaque individu, quel que soit son espèce, est sain du moment que ses fonctionnements physiologiques (et notamment psycho-affectifs dans le cas de notre espèce) sont respectés et leurs besoins assouvis. C'est leur entrave qui occasionnera les déséquilibres de toutes sortes, de plus ou moins grande ampleur, et contre lesquels luttent les hygiénistes.

Wilhelm Reich, que je rattache personnellement à la mouvance hygiéniste de par sa façon de penser et d'aborder les problèmes (notamment sexuels) qu'il a étudié et soigné, résumera cette pensée de cette façon, en réaction à une dérive idéologique freudienne : Toutes les pulsions naturelles d'un individu sont saines (autrement dit bénéfiques pour l'individu et l'espèce… et accessoirement pour la Nature entière), mais si l'on les réprime dans leur expression, elles se verront obligées de s'exprimer par des voies déviées, et c'est ainsi que l'on crée les déviances, les perversions, qui peuvent devenir extrêmement nocives.

C'est ainsi qu'il observera les effets dévastateurs de la répression sexuelle (se traduisant le plus souvent de manière agressive et destructrices de l'autre et/ou de soi-même), mais il en est de même pour tous les autres domaines de la vie, à commencer par l'hygiène générale commençant par l'alimentation trop souvent à la fois carencée et excédentaire affaiblissant considérablement l'organisme, ainsi que pour toute la sphère psycho-affective longtemps sous-estimée dont les recherches actuelles commencent enfin à cerner l'extrême importance.

Personnellement, ma propre réflexion m'amène à définir le problème humain de cette manière : il y a en chaque espèce un système de « Vie » : sa nature première, son tempérament naturel qui s'exprime dans les conditions d'épanouissement optimal (qui sont censées être des conditions permanentes car ce sont ces conditions qui ont vu « naître » l'espèce en question et auxquelles cette dernière s'est adaptée) ; mais également un système de « sur-vie », sorte de système de secours se déclenchant en situation de crise, désactivant certaines tendances pour en privilégier provisoirement d'autres, le temps que cette situation critique soit réglée.

L'exemple le plus évident est le passage d'une situation d'abondance alimentaire permettant à tous les membre d'une espèce de se repaître paisiblement dans le partage, à une situation de pénurie imposant à l'espèce un changement de comportement : si les membres partageaient équitablement les maigres ressources restantes, toute la population prendrait le risque de mourir de dénutrition, tandis qu'en développant une concurrence exceptionnelle répondant à cette situation d'exception, l'espèce survit en réduisant sa population, qui pourra à nouveau se redévelopper une fois les conditions naturelles rétablies.

Par ailleurs, la Nature pourvoit toujours, en conditions « optimales », à la constitution de réserves, un surplus permettant de réduire l'impact négatif d'une éventuelle situation de crise et de reprendre un cours naturel plus facilement.

Le gros problème survient quand ce mode de survie se pérennise et que les conditions optimales ne se réinstallent pas : les déséquilibres, carences ou excès qui en surgissent inévitablement finissent premièrement par épuiser les réserves de l'individu, et ensuite générer des déséquilibres physiologiques qui se transformeront en tares possiblement transmissibles héréditairement1.

Il se trouve que depuis des siècles, à quelques exceptions d'époque et de temps près, nos cultures ont institutionnalisé ce mode de survie et l'établissant comme « normal » et refourguant l'optimum dans la catégorie « idéal irréalisable et illusoire » où elles ont jeté l'utopie et les saines aspirations pourtant profondément humaines.

Cette institutionnalisation du mode survie repose sur l'inégalité sociale quant à la répartition des richesses permettant à chacun d'assouvir ses besoins élémentaires, qui a un impact très modéré quand personne ne manque de l'essentiel, mais qui devient très vite une réelle injustice sociale quand l'opulence repose sur le manque et donc la misère d'une frange plus ou moins importante de la population.

Entre ce mode survie qui frappe de manière extrêmement violentes certaines personnes, et les carences psycho-affectives elles-aussi institutionnalisées2 qui ne permettent plus de développer optimalement l'humanité de chacun3, tout est fait pour déshumaniser l'homme, et il devient tout à fait logique que certains finissent par perdre, ne serait-ce que momentanément (et souvent sous l'effet de drogues particulières), tout humanité, au moment où l'état de crise n'est plus tenable pour eux, toutes leurs « réserves d'humanité » étant épuisées.

Dans une moindre mesure, tous nos petits traits de caractères « négatifs », moins graves, mais désagréables à vivre pour les autres et même pour soi-même et compliquant sérieusement le tissage social, sont la simple conséquence du malaise généré par les insuffisances dont nous souffrons quotidiennement, auxquelles nous nous somme accoutumés et que nos repères culturels faussés nous poussent à considérer comme parfaitement normales et inévitables (quand on ne désamorce pas tout simplement notre aspiration au « mieux » par la relativisation du fameux « pire ailleurs »...).

Cet institutionnalisation de la précarisation des conditions de vie humaine dure depuis tellement longtemps et touche tellement de cultures4 que nos mémoires en ont presque oublié que l'état optimal est censé exister.

Et pourtant, malgré tout, un dernier ressort de la nature nous permet de mettre en œuvre le nécessaire pour retrouver tout ce potentiel naturel : notre espèce a gravé en nous, dans nos cœurs, une aspiration profonde, que j'appellerai « édénique », qui se réveille -parfois violemment- dès que la moindre information permettant de penser que ce retour est possible arrive à notre conscience.

Et si cet idéal vibre aussi fort en nous, c'est bien qu'il fait partie de nous, et que tout notre être est fait pour y tendre de toutes ces forces.


Et pour pousser encore plus loin la réflexion :
Quels sont les critères rationnels du bien et du mal ?

Si l'on fait le ménage dans les fantasmes spiritualistes dualistes qui n'apportent ni preuve ni même démonstration de ce qu'ils avancent sur la nature humaine (à savoir qu'elle est mauvaise), ne s'appuyant que sur des « révélations » dont il est impossible de démêler le réel de l'hallucination, reste la démarche hygiéniste qui reprendra modestement la piste de la santé par l'étude de la nature, de ce qui fonctionne (le bien), de ce qui dysfonctionne (le mal), relativement à chaque individu et chaque espèce étudiée :

Comparativement aux autres espèces animales, l'humanité a deux particularités notables : sa « nudité » (absence d'armes et d'armures naturelles) angoissante pour l'esprit agressif, compensée par son extrême sociabilité qui est la source à la fois de son équilibre et de ses potentielles « prouesses »…

Toute espèce programmant des « goûts » et des « désirs » pour guider intuitivement ses membres dans la satisfaction de ses besoins d'une part (et inversement des dégoûts pour ce qui lui est néfaste), et l'espèce humaine reposant tout entièrement sur cette riche et complexe sociabilité d'autres parts, notre espèce a donc tout intérêt à programmer ce désir social en nous et à l'inscrire dans notre boussole interne comme relevant du « bien ». D'ailleurs, le nom commun « humain » devenu adjectif signifie justement cette sociabilité, cette bienveillance, en un mot cet Amour universel auquel nous aspirons.

Mais comme toute espèce, la nôtre a ses limites : elle perdra nombre de ses précieuses qualités quand les conditions seront trop dures pour les maintenir.

Chaque espèce, chaque individu, et même chaque élément quel qu'il soit possède son « point de rupture » à partir duquel il se brise.

Nos sociétés modernes, autoritaires, joue constamment avec nos points de ruptures en nous poussant sans cesse au maximum de nos capacités, au dépassement de nos limites, de nos réserves, tandis qu'une culture saine, naturelle, tendrait au contraire à nous en tenir le plus loin possible, sachant préserver ses réserves en prévision des possibles difficultés qui peuvent déjà survenir « naturellement »…
Soyons donc raisonnables, tenons compte des besoins, mais surtout des limites (et particulièrement de ces fameux « point de rupture » régulièrement atteints) de notre espèce sans cesse violées, et cessons d'attendre irrationnellement de nos congénères et de nous mêmes des capacités « sur-humaines », qui par définitions ne sont pas humaines : il ne s'agit ni de nous sur-estimer, ni nous sous-estimer, mais simplement nous estimer à notre juste valeur...

Travaillons simplement à stopper le processus déshumanisant plutôt que d'aggraver notre situation en nous tirant une balle dans le pied, inversons-le pour nous réhumaniser, et essayons d'être simplement mais pleinement ce que notre espèce a besoin que nous soyons, ce serait déjà pas mal.

Aménageons-nous les conditions de optimal humain, notre « génie créatif » (aujourd'hui dévoyé dans la destruction) étant fait pour nous y aider, ayant depuis des lustres fait preuve de sa capacité à créer le bonheur (et donc préserver notre humanité) en dépit de conditions environnementales hostiles…




1L'eugénisme et l'hygiénisme réagissent différemment à cet état de fait : l'eugénisme se contente de vouloir « couper » les membres invalidés tandis que l'hygiénisme tentera son possible, s'appuyant sur les forces curatrices naturelles, pour les régénérer, dusse-t-il s'y prendre sur plusieurs générations.

2Toutes les principes concernant notamment l'éducation de l'enfance et particulièrement la petite enfance visant à « endurcir » et « désensibiliser » le « matériau-humain » pour le rendre plus malléable...

3Tous les troubles du comportement et les comportements asociaux résultent d'une sous-stimulation de la production ocytociniques qui ont justement pour fonction de développer la sociabilité naturelle humaine...

4Bien entendu, les cultures moins voire non-touchées par cette institutionnalisation de l'état de crise sont généralement dévalorisées et arbitrairement déchues du titre de « civilisation », afin de nous dissuader de nous inspirer leur sain exemple...

vendredi 3 juin 2016

Conte naturien: La véritable histoire de la Fée Mélusine...



Beaucoup de choses sont imperceptibles à nos sens.
Il en reste cependant un qui peut encore les sentir, c'est le cœur…

La Terre a une âme, on l'appelle « Nature », celle qui donne naissance à toute vie.
Nature engendre selon ses besoins plein de petites âmes, on appelle « les esprits de la Nature », et certains avancent que quelques unes de ces âmes prennent corps dans les plantes et les animaux (nous y compris),  et les animent, tandis que les autres les accompagneront de l'extérieur afin d'accomplir les désirs de la Nature sur Terre…

Parmi tous ces êtres qui servent la Vie se trouvent les petites fées,
vivant et agissant sur les trois principaux éléments que sont l'air, l'eau et la terre (correspondant respectivement aux états gazeux, liquide et solide).

mercredi 1 juin 2016

La Chambre des Fées...










De passage dans le coin d'Avallon ("Pommier" en Gaulois Éduen), au hameau "Méluzien" dont le nom évocateur m'a mis la puce à l'oreille, il m'a en effet été donné d'entendre parler d'une toute petite grotte dans laquelle la Fée Mélusine aurait été vénérée jusqu'à la toute fin du 19ème siècle...


Impatient de la voir de mes propres yeux et orienté par les informations du dernier héritier de cette histoire presque effacée, me voilà donc parti à sa recherche le long du Cousin en crue, à travers une forêt semée d'essences variées et de grosse pierres recouvertes de mousse...




Quelques humides et ronçeuses escalades plus tard, m'y voilà, contemplant cette minuscule cavité granitique à l'ambiance fraîche et légère dans laquelle de nombreuses générations pagano-indigènes (ainsi que quelques chiroptères dont un dernier spécimen a été dérangé par mon intrusion) sont venus pèleriner, prier et se recueillir...

Petite église rupestre, discrète vulve de la Terre-Mère, ta rencontre m'a beaucoup touché...




samedi 23 avril 2016

La croix celtique : Une figure de la Déesse chrétienne originelle ?



Quand j'observe de l'art ancien, j'aime me livrer à un petit exercice consistant à faire abstraction de son arrière plan culturel pour ressentir directement l'impact émotionnel (et donc psychologique inconscient) que peut susciter l’œuvre sur ses spectateurs (l'inconscient joue par ailleurs un grand rôle dans les  productions artistiques...).

Ainsi, on peut s'amuser à traduire la plupart des « Christ en croix » comme avertissant les naturiens des châtiments qu'il subiraient s'ils oseraient s'aventurer dans les villages… ^^

D'habitude, j'aime assez peu les croix et leur géométrie aride, préférant nettement les courbes et les formes organiques aux rectilignes rigides…

Source
Il en est cependant une qui m'a toujours touchée, c'est la « croix nimbée », plus récemment appelée « croix celtique » (symbole d'une version du christianisme du même nom combattue puis oubliée*), composée d'une croix chrétienne auréolée d'un cercle centré en son cœur.

Pour comprendre cet « engouement », je me suis donc à nouveau prêté à ce petit jeu de la « lecture intuitive déconditionnée », et ce que j'y ai trouvé m'a pas mal plu :

Prenons déjà la croix dite « romaine » (avec la patte inférieure plus longue que les trois autres) : si je met de côté son aspect « instrument de torture », d'y vois une représentation plus agréable, à savoir l'abstraction d'une figure humaine debout, qui ouvre grand ses bras, en signe d'accueil.
Si on superpose à cette figure humaine la nimbe, j'y vois un halo rayonnant (à l'instar de l'auréole) émanant du cœur (centré sur le croisement des deux branches), de quoi bien renforcer l'aspect accueillant et « humain » (adjectif employé pour désigner quelqu'un qui a du cœur).

Ensuite, je me suis amusé à sélectionner les croix nimbées qui me plaisaient le plus, celles que je trouvais intuitivement les plus belles, et celles-là avaient généralement toutes l'une ou l'autre voire les deux de ces particularités : l'empattement des branches (évasées, élargies vers l'extérieur) et les coins intérieurs creusés de cercles.

Source
Faisons un instant abstraction de la nimbe et observons ces particularités : l'empattement peut donner l'aspect général d'un vêtement ample (tunique, robe etc.), mais ce qui m'intéressera le plus, ce seront bien ces quatre trous circulaires qui pour moi représentent intuitivement quelque chose de très précis, et donnant une information intéressante sur la nature et l'identité du personnage figuré par la croix : les cercles supérieurs semblent détailler la courbe du cou entre la tête et les épaules, et les cercles inférieurs le creux de la taille qui se dessine entre le buste et les hanches, conférant à cette être représenté un aspect définitivement féminin.

Je dis définitivement car si habituellement les auréoles sont représentées émanant de la tête des saints personnages, siège de l'esprit généralement considéré comme masculin, ici elle part du cœur, siège de l'Amour, des émotions, sentiments, affections, sensibilité considérés comme féminin (bien qu'étant moi-même assez réfractaire à ces catégories sexuées...).

Étant donné que je considère déjà que l'essence du christianisme est féminine et « matristique » (quoique récupéré et neutralisé par les patriarcaux livres vétérotestamentaires et pauliniens), je n'ai donc aucun mal à lire en ces douces et accueillantes croix nimbées des figurations de la Déesse chrétienne représentée par Maria Théotokos** (littéralement « Mère de Dieu » et donc de Tout, Mère Universelle, Vierge = Libre et indépendante comme le signifie l'étymologie), nous invitant par l'exemple ses bras ouverts et son cœur rayonnant à être le meilleur de nous-même en dépit de l'adversité, c'est à dire à être pleinement humains, empathiques et bienveillant les uns envers les autres...



Étonnante version très "Ishtarienne" Source
*Le christianisme celtique, issu d'une culture celte s'étant largement « dépatriarcalisée » en absorbant la « matritude » locale, dénote du christianisme « officiel » par de nombreux points de désaccords fondamentaux importants : contrairement à celui qu'on connaît aujourd'hui qui est pyramidal, dualiste et misogyne (entre autres nombreuses choses), le christianisme celtique est libertaire, moniste et égalitaire… Je pense personnellement que la grande vague des mouvements dits du Libre-Esprit en font partie...

** Pour ma part, l'anthropomorphisme du divin peut être compris de deux façons: la première est de faciliter la relation "affective" au principe présenté par identification (allégorie), la seconde pourrait en fait carrément désigner quelque chose d'humain: ou bien des archétypes propres à notre espèce, ou bien notre espèce elle-même, désigné par un seul individu maternel intelligent dont nous sommes les "cellules" qu'elle produit avec leur sensibilités propres selon ses besoins, et dont la conscience collective repose sur nos inconscients collectifs mis en réseau au travers de nos champs magnétiques connectés entre eux... Enfin bon je sais pas si c'est fondé mais j'aime bien l'idée! ^^


Quelques analogies de forme en vrac:

jeudi 3 mars 2016

Mon deuxième passage (plus long) à "C'est mon choix" sur le Nudisme...


Retour sur l'émission C'est mon choix consacrée au Nudisme:

Comme annoncé par Évelyne Thomas lors de mon précédent passage dans l'émission consacrée à la pilosité féminine, me voici donc réinvité pour défendre les bienfaits de la nudité en bonne compagnie!

Comme à mon habitude, je vais revenir sur ce passage et ce qui a pu se passer autour, car bien évidemment, on aimerait toujours en dire plus, aller plus loin dans les explications... mais le format et le public visé par l'émission faisant que, il a bien fallu se restreindre et ne faire qu’effleurer les sujets, en espérant que cette "introduction" puisse donner envie à quelques uns de chercher plus d'informations par eux-mêmes...
Je vais donc commencer par "l'aspect" et les conditions très particulières de l'enregistrement, avant de passer point par point sur les sujets qui me semblent importants...


1) Pourquoi la nudité sur le plateau?

mercredi 30 décembre 2015

Mon (furtif) passage à l'émission "C'est Mon Choix"...



Suite à mon passage de 6 minutes à la fin de l'émission "C'est Mon Choix" consacrée à la pilosité féminine, je souhaitais partager quelques réflexions issues de cette curieuse mais très instructive expérience, entre coulisses et plateau:

samedi 26 décembre 2015

Mes moins-pires vœux à tous...


... avec un petit article fb de circonstance:


Je crois que j'avais oublié de le partager ici celui-là...
Posté par Julien Wolga sur dimanche 27 décembre 2015

jeudi 24 décembre 2015

Bouquet de petites réflexions postées sur FB...

Réflexion sur la notion de "Pudeur"...La "Pudeur", régulièrement arguée à l'encontre de la nudité, est une notion...
Posté par Julien Wolga sur jeudi 24 décembre 2015
"Esthète"Étymologie: Du grec ancien aisthêtês: "qui perçoit par les sens"Définition: Celui, celle qui professe le...
Posté par Julien Wolga sur samedi 19 décembre 2015
"Le Syneisaktisme et l'Ocytocine"( je profite d'une insomnie pour répercuter une petite réflexion initialement pondue...
Posté par Julien Wolga sur samedi 19 décembre 2015
"Maternité multiple et élargie"Dans son livre "la Femme Celte", Jean Markale souligne l'importance du rôle de la...
Posté par Julien Wolga sur mardi 8 décembre 2015

"RÉINCARNATION... OU PRESQUE"Suite à la question de Pauline Douce Frugalité et des autres qui s'en sont suivies, je...
Posté par Julien Wolga sur vendredi 27 novembre 2015