jeudi 17 décembre 2015

La Psychanalyse du Faune... (Article)



La Psychanalyse du Faune
ou
Les tribulation de l'archétype masculin

Le Faune est une figure mythologique particulièrement intéressante, que l'on retrouve dans de nombreuses cultures sous une forme ou une autre.

Il représente la nature sauvage en l'homme, son animalité, ses pulsions primaires, sexuelles (il est très attiré, voire obsédé par le féminin, souvent représenté par l'image de la Nymphe), indomptées, débordantes.

Il est donc un personnage à la fois inquiétant et fascinant.

Ce n'est pas pour rien qu'il a été transformé en figure du démon par les cultures puritaines, car il représente cet inconscient qui vient harceler le pénitent sur le calvaire de la pureté par ses rêveries lubriques...

Cependant, il est important de comprendre que le faune qui sommeille (et parfois se réveille brutalement) en chacun de nous, sans exception, ne deviendra démoniaque que dans certaines conditions très particulières, et pour bien comprendre lesquelles, je vous propose d'étudier plus en avant la nature de ce faune:


Le faune est un terme générique qui regroupe toute une flopée d'êtres que je vais regrouper en trois catégories: Sylvains, Faunes et Satyres, qui représentent trois déclinaisons, trois états de la psyché masculine, allant de l'équilibre naturel au déséquilibre le plus total et destructeur.

- Le Sylvain est le faune à l'état le plus naturel, il fit caché au fond de la forêt ( ce que signifie son nom: sylva= forêt), peut-être craintif, en tout cas sensible et prudent, il a la réputation d'être très doux de tempérament. Il se nourrit simplement des fruits sylvestres, de quelques petits œufs d'oiseaux sauvages et de miel...

- Le Faune est déjà beaucoup plus campagnard, et s'il vit aussi au milieu des arbres, ce ne sont plus des forêt mais des bois (exploités et non plus naturels). Son tempérament est beaucoup plus taquin, paillard. Il apprécie particulièrement les préparations culinaires humaines, à savoir le pain, le fromage, mais aussi surtout le vin...

- Le Satyre quant-à-lui, il est un fantasme urbain, il ne vit plus grand chose de naturel, et éclate sans arrêt en débauche et en violence, il est tellement névrosé dans ses orgies qu'il en devient violeur, pédophile, se satisfaisant du moindre orifice pour soulager momentanément son priapisme...


J'imagine que vous voyez déjà où je veux en venir:

Le Faune en nous ne devient démoniaque et destructeur que parce qu'il est placé dans des conditions impropres à son sain épanouissement.
J'avais déjà exprimé dans les vidéos "Manger et Faire l'Amour" à quel point l'alimentation a un impact sur notre libido, l'apaisant et nous ouvrant au délicat et subtil univers de la voluptueuse sensualité quand elle est adaptée à notre nature, et au contraire combien elle l'exacerbe, l'obsède, la rend finalement maladive et défoulatoire quand elle nous surcharge de toxines...

Mais l'alimentation ne fait pas tout, et le contexte dans lequel nous vivons impactera également considérablement notre sensibilité.
Je vais répartir ce contexte en deux pôles: l'environnement et la structure sociale:

- L'Environnement: que l'on soit en Forêt, en Campagne ou en Ville, il n'est pas nécessaire d'être érudit pour ressentir l'impact de ces milieux sur nos équilibres: La forêt est ressourçante, et ce en raison de sa forte émission d'ions négatifs, la qualité de son air, ses couleurs (le vert notamment), ses sons, ses odeurs, son humidité... La campagne ayant perdu, de par les modifications que l'agriculture et l'élevage ont opéré sur la terre, nombre de ces qualités forestières, elle reste néanmoins toujours plus saine que la ville dans laquelle la nature naturelle est systématiquement combattue, cadrée, sans parler de la condensation humaine qui échauffe les esprits et excite les nerfs. Plus aucun coin où se cacher pour se reconnecter à la Vie, ou trop peu, de trop mauvaise qualité...

- La Structure Sociale: Le faune, de par son grand Amour pour les femmes, est un polyamoureux, ou en tout cas un polyaffectueux notoire. C'est l'un des points important de sa psychologie, et c'est pour une part importante ce que désigne cet archétype en nous et qui est combattu par sa diabolisation. Et si la diabolisation ne pointe que l'obsession consumériste du satyre complètement dénaturé, elle voit moins l'aspect plus contemplatif du naturel qui n'accepte un coït qu'après un temps nécessaire à son progressif apprivoisement...

Une structure sociale saine tiendrait logiquement compte de ces penchants naturels et s'organiserait en fonction. Seulement voilà, l'impératif patriarcal (impératif qui n'a aucune motivation sanitaire, ni pour les adultes, ni pour les enfants, quoi qu'on en dise) s'oppose délibérément à cette nature polyaffectueuse, et par conséquent va chercher à la contenir et empêcher son expression.

Ceci mis en équation avec l'environnement dans lequel est placé le faune, plus il vivra dans un milieu naturel, plus il trouvera de cachettes pour satisfaire en secret ses besoins, et plus il s'en trouvera appaisé. Au contraire, moins il aura de possibilité de s'isoler -ou alors dans quelles conditions!- plus il accumulera de frustration et sa cocotte-minute explosera d'autant plus facilement, avec d'autant plus de force et de dégât!


Le Diable en l'homme c'est le faune déséquilibré parce que maltraité, en souffrance, privé de l'un, l'autre ou plusieurs (voir tous?) de ses besoins essentiels, et notamment de son grand besoin d'affection féminine qu'il recherche maladroitement, qui lui est vital et nécessaire à sa maturation.

Tous les maux (et notamment les violences faites aux femmes et aux enfants) dont sont coupables les hommes n'existent que parce que ces hommes sont empêchés de vivre selon leur nature.

(Rappelons que l'homme est de manière générale, et quoi qu'il en paraisse, plus fragile physiquement, psychiquement, nerveusement que la femme -ce qui explique le fait qu'il pète les plombs généralement le premier- ce qu'illustre sans doute cette forme "tordue", hybride du faune, comme pour remplacer des parties manquantes, tandis que la femme est représentée telle-qu'elle dans l'image de la nymphe, quel que soit son élément)



Par ailleurs, si le faune est autant attiré par les nymphes, et ce depuis son adolescence, voire même souvent avant, ce n'est pas pour rien: sa nature en pleine croissance et en éveil l'y pousse car il a besoin d'elles, de leur affection, de leur initiation, pour affiner son développement et accomplir sa maturation.
Sans cette attraction naturelle le mettant en pleine réceptivité de ces dames, il demeurerait un grand avorton impotent, inutile, malhabile, et du coup parasite.
Il n'y a donc aucune perversion dans cette fascination, mais au contraire une judicieuse et nécessaire manoeuvre de mère Nature pour que l'homme développe sont plein potentiel humain, et d'ailleurs les Nymphes le savent bien car si elles fuient la brutalité d'un satyre mal dégrossi, elles accueillent au contraire avec joie la timidité du sylvain admiratif...

Réintroduisons le satyre dans sa forêt que nous aurons à nouveau laissée pousser (au sens concret et symbolique), et il redeviendra doux sylvain, et nous n'entendrons plus jamais parler de ses frasques plus ou moins graves.

Mieux: n'en expulsons plus jamais les petits faunes afin que la forêt qui les a vu naître soit toute entière heureuse, et ils pourront maturer et devenir de beaux Pan, Faunus, Sylvanus, Cernunos, dieux de bonheur, de fertilité et d'abondance, comblant à leur tour les nymphes et les déesses, nécessaires à leur équilibre, de leur Amour tendre...